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<title>Les mots</title>
<description>Les mots restent mais moi, en tout cas, je pars.</description>
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<lastBuildDate>Thu, 01 Mar 2007 10:31:23 +0100</lastBuildDate>
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<title>Coucou</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2007/03/01/coucou.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je reste</category>
<pubDate>Thu, 01 Mar 2007 10:31:23 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle attend, un peu à l’écart, adossée à un réverbère. Autour d’elle, ça crie et ça pousse, ça se met sur la pointe des pieds et ça boit de la bière dans des verres en carton (avec une paille). Elle observe la foule impatiente et ses yeux exorbités, qui sont prêts à dévorer n’importe quoi pourvu que la chose soit annoncée à l’avance et capable d’être retransmise sur les ondes en prime time.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Des hélicoptères surplombent déjà la masse grouillante, on aperçoit au loin la camionnette des secours, au cas où&amp;nbsp;: Il y a toujours dans les parages une bonne femme enceinte à terme qui veut faire sa maligne. Ou un vieillard qui en a vu d’autres. Tout le monde cherche à voir rien du tout. Dans l’attente du spectacle. Aujourd’hui, c’est un type qui a fabriqué son propre planeur, et il a décidé de réaliser sa première envolée sur une estrade construite en longueur, qui s’arrête juste sous l’Arc de Triomphe. Sûr de lui le mec. Tf1 va adorer&amp;nbsp;: l’estrade fait quand même cinq bons mètres en hauteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle évite de justesse une glace à la fraise qui cherche sa maman en courant partout. Il fait de plus en plus chaud, mais elle est bien obligée de garder son pull pour le moment. Au début, elle avait souvent le trac, mais après des mois et des mois, elle a appris à être au dessus de ça. A penser à sa paye, uniquement. A ce jeu-là, elle gagne toujours. Les journalistes arrivent enfin, on les reconnaît car ils ont une façon d’observer un peu bizarre. Leur regard, c’est un cadreur en 4 x 3. Qui analyse. Qui spécule, mais jamais à contre-jour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Elle se dirige vers eux. Plus haut, le type a fini de hisser son planeur sur l’estrade avec son équipe de guignols. La foule accourt et se presse autour de l’Arc de Triomphe, depuis les hélicoptères ça doit donner l’impression d’une flaque de boue qui coule lentement vers un caniveau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le cinglé fait coucou de la main avant de démarrer son avion, qui fait le bruit d’une tondeuse à gazon. OK. C’est parti. Elle fonce vers le petit tas de journalistes qui commence à mitrailler. Face caméra, mine de rien. Elle ôte son pull, enfin. Oups, le T-shirt vient avec. Faire semblant de ne pas avoir fait exprès. Ohlala la honte. C’est bon, ils ont vu. Il y en a même deux qui se marrent. Derrière elle, on entend un grand cri. Ca venait du mec. On a entendu un petit bruit de tondeuse à gazon, pout, pout, pout, et ensuite il a volé bien verticalement du bout de son estrade vers le sol. Un grand rire se met à monter de la foule, le mec est sûrement mort mais c’est vrai que c’était rigolo, et surtout très con&amp;nbsp;; c’est ce qu’on pourra lire en filigrane demain, sur un fond quand même un peu démago-mélo, dans tous les journaux du coin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et dans tous les journaux et à la télé, il y aura elle aussi, elle en train d’ôter son pull, le visage et les seins bien découverts, en pleine lumière. Et il n’y aura plus qu’à écrire un courrier avec menace de procès. Dans trois jours, elle aura ses chèques de dédommagement, ou de droit à l’utilisation de son image pour les quinze prochaines émissions des Enfants de la télé. Elle s’allume une cigarette et consulte son agenda. Demain, à Berlin, un type va escalader une des tours de la Potsdamer Platz sans lien de protection. Il est temps d’appeler un taxi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>J'ai perdu ma peau</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2007/02/09/j-ai-perdu-ma-peau.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je reste</category>
<pubDate>Fri, 09 Feb 2007 20:05:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Un peu chaque jour peut-être, par petits lambeaux, translucides, flous. En fines gouttelettes tièdes, chaque matin. Rosée sur mes bras, dans la bouche. Chaque matin, un peu plus de lumière sous les draps, entre les morceaux de chair. J’ai perdu ma peau. L’auriez-vous vue&amp;nbsp;? Elle est assez pâle, un peu étroite, un peu de traviole, une peau d’adolescente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Avec des grains de beauté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Vous pouvez toucher, vous pouvez la garder. Découpez-la en petits carrés, à glisser dans une poche, au cas où il y aurait une larme ou deux à retenir discrètement (ça peut encore arriver). Dehors, les gens me dévisagent. Volent mon visage (rires). Le vent paraît plus doux, coup de chaleur, il y a une lueur dans l’air frais&amp;nbsp;; J’ai perdu mes yeux. Des yeux bleux, un peu noirs, un peu anxieux, vous savez&amp;nbsp;? gardez-les. Je suis le vent, il me suit, je suis moi. Nous volons, vous volez, A, B, C, D. Déplumez-moi, piquez mes crises. Mon sang met du mauve dans le ciel. 1, 2, 3, je me fiche de moi. Juste un peu de poudre aux joues, un amour, et la vie. Pourquoi, en vrai, de longues fleurs blanches ne pousseraient-elles pas sur tous les murs de la ville&amp;nbsp;? C’est possible, techniquement parlant. Imaginez…Votez! Prenez tout, allez-y. Prenez mes cheveux, mes petites morts, mes peurs crasseuses. Et raclez bien le fond.&amp;nbsp;Il y a juste mon âme que je voudrais sauver.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;EN-GB&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;( But if the rain must fall / If I lose it all / If the world comes down and takes my soul / if the sky turns black / And there’s no no way back / It wont matter much to me / If I had you / All I need is your love / That’s all I need / All I need is your love. &lt;i&gt;James Morrison.)&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>(Sur le trottoir)</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2006/11/16/sur-le-trottoir.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je reste</category>
<pubDate>Thu, 16 Nov 2006 13:28:04 +0100</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (Sur le trottoir) juste en face de chez moi, (deux hommes) en jean sont en train de monter une scène. Le premier porte un sweat marine avec des rayures blanches sur le côté et un jean et des basquets, le second aussi. Il y a du soleil et des touristes (contemplent) une façade moche, sûrement des anglais. Je suis obligée (d’écarter) les rideaux pour voir ça. Hier je parlais d’indifférence, aujourd’hui j’en ai toujours autant rien à (foutre). Les nuits continuent de (s’allonger), longues et froides comme une frange de chinoise. La Chine. Il reste bien quelques souvenirs, sensation de (chaleur) et d’étouffement, mais qui ressemblent de plus en plus à une gorgée de thé trop vite (avalée). Les types dehors retroussent leurs (manches), c’est normal, ils (bougent sans arrêt). J’ai envie de partir. (Prendre) le premier train et venir te rejoindre, faire la surprise. Comme ça. Mais il y a des obligations, un travail, des prix à (payer).&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Il faudrait juste, de temps en temps, que je songe à cesser de faire la pute avec le quotidien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Indifférence</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2006/11/15/indifference.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je me perds</category>
<pubDate>Wed, 15 Nov 2006 01:45:43 +0100</pubDate>
<description>
&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Il n’y a pas un jour sans que je ne pense pas à toi. Il y a des endroits où je te retrouve souvent, dans les bus, par exemple. Ces airs de rien, regards jetés habilement par-dessus l’épaule de l’autre, &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; ailleurs. Calculs permanents dans les salles d’attente, faire attention de bien simuler l’intérêt pour cet article sur les différentes techniques de pose de faux ongles (passionnant). Tu es partout.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Comme une publicité clandestine à grande échelle,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;comme un sifflement dans les oreilles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Hier encore, je t’ai perçue aux détours d’un homme, dans ses gestes, sa manière de saisir son paquet de cigarettes. Et chaque jour qui passe, je te retrouve un&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; peu plus, un peu plus pour chaque feuille qui tombe, pour chaque goutte de pluie glacée qui vient se lover dans ma nuque. Et cette femme qui marchait normalement, avec son manteau normal et sa coiffure normale, qui rentrait dans une boutique, tu sais&amp;nbsp;? Il fait froid et nuit et les trottoirs vont finir par ne faire rien d’autre que refléter les réverbères qui seront toujours allumés et des tas de catastrophes vont sensibiliser les téléspectateurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Mais tu auras, heureusement, l’audace de venir les enlacer doucement, de les bercer tendrement, comme tu le fais si souvent pour moi. Tu es si belle, transparente. Bonne nuit, mon indifférence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>On pourrait partir à la mer</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2006/10/24/on-pourrait-partir-a-la-mer.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je pars</category>
<pubDate>Tue, 24 Oct 2006 16:25:30 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;«&amp;nbsp;On pourrait partir à la mer…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Ca te dit rien, cette phrase&amp;nbsp;? Le nombre de fois qu’elle a été répétée par n’importe qui, toujours plus ou moins sur les mêmes tons, celui du rêve et de l’espoir, ceux de l’ennui, de la dernière faveur, de la conscience d’un échec. De la dernière tentative. Et maintenant, c’est elle qui s’y met. Elle m’a sorti ça comme ça, l’autre jour, comme si ça ne comptait pas. Mais je la connais. Je sais précisément ce qu’elle avait dans la tête quand elle me l’a dit&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;« J’aimerais qu’on parte tous les deux à la mer. Parce que la mer pour moi, ça veut dire fuite, choix, existence. Parce que la mer est une métaphore. Je voudrais qu’on parte ensemble vers la Liberté&amp;nbsp;; qu’on marche chaque jour pieds nus dans le Réel, et qu’ ensuite on s’étende, humides, sur des Instants colorés. Nous ferons exactement les mêmes choses qu’ici, mais en vrai. On n’ira pas acheter du pain en parlant du dernier film de Gondry et est-ce que oui ou non tu va finir par regarder un Keaton avec moi. On ira acheter du pain en flairant les odeurs du marché, en photographiant des coloquintes et des vieux joliment chapeautés, en commentant ce qui se passe devant nos yeux. Juste là, oui. Devant nous. On n’emmènera pas de livres. Se réfugier dans la tête d’un autre&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; serait trop tentant. Je veux t’emmener avec moi, parce que je veux qu’on vive un peu en vrai. Qu’on tente de faire ça. Tous les deux.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;Du coup, j’ai dit oui. Et maintenant, on est en octobre et sur une autoroute. J’en ai marre d’avoir peur de devenir fou. Quand je lui demande si on suit bien le chemin sur la carte, elle me répond&amp;nbsp;: Est-ce que tu te sens plus toi-même depuis tout à l’heure&amp;nbsp;? Si c’est oui, alors on est sur la bonne route. Elle rigole, mais elle a raison. Peut-être.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Vivre un peu en vrai&amp;nbsp;: j’ai encore du mal à comprendre ces mots. Qu’est-ce qu’on va faire là-bas, exactement&amp;nbsp;? Rien&amp;nbsp;? mais ne rien faire, ce n’est pas vivre… Si&amp;nbsp;? Entends-tu par là qu’un retraité, un chômeur ou un paralysé de la tête aux pieds est plus vivant que nous&amp;nbsp;?... Mais eux, enfin des fois, ils souffrent, d’être toujours coincés dans le présent, sans pouvoir y échapper…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Une M3 nous dépasse à toute vitesse, dans l’indifférence générale. Il y a un hérisson écrasé sur le bas-côté. Elle me regarde du coin de l’œil.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Justement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp; Nous, on est heureux, d’une façon générale… On peut avoir cette chance de vivre dans le présent sans en souffrir. T’as peur de quoi&amp;nbsp;? de te retrouver face à l’homme que tu es&amp;nbsp;? Tu t’aimes donc si peu&amp;nbsp;? Apprend à accepter tes manques, tes erreurs. Cela fait partie de toi, aussi. Et j’aime tous ces bleus qui fabriquent tes yeux. N’essaie plus de convoiter la perfection. Je ne veux pas m’ennuyer avec toi. Faire ce que tu as envie, sans chercher à savoir si c’est bien ou mal, c’est ça que j’appelle vivre en vrai. Se détacher du regard de l’Autre, du regard de la mère, en définitive. Ce sont nos mères qui nous ont appris la différence entre le bien et le mal, non&amp;nbsp;? Et si il existait une autre vérité&amp;nbsp;? La nôtre&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;N’as-tu pas envie de transgresser les règles, de temps en temps&amp;nbsp;? Est-il vraiment inconcevable de manger du gâteau au chocolat AVANT les macaronis&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Cette fille est folle. Elle pose sa main sur ma cuisse et je l’aime. Elle a mis la robe que je lui ai offert l’autre jour, avec une écharpe pas du tout assortie «&amp;nbsp;au cas où j’ai froid&amp;nbsp;». Complètement illogique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;- Tu veux pas qu’on tue des gens&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;- Arrête, j’ai déjà peur de devenir psychopathe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;- Mouais, de toute façon tu n’oserais pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp; Au loin, on aperçoit déjà un morceau de bleu. Il n’y a aucune frontière&amp;nbsp;: c’est bien connu. Ce qu’on a cherché, c’était simplement un modèle, ou une amnésie qui nous aurait rendus libres. Mais tout cela est impossible, c’est pour cela qu’elle vit dans un rêve. C’est pour cela qu’elle veut jouer tout le temps. L’avenir doit être un truc théâtral avec beaucoup de couleurs et d’émotions, sinon elle ne tiendra pas le coup, je le sais. Il y a tellement de gens qui n’ont pas appris à s’émerveiller, qui se laissent aller à devenir adultes. Je pense que nous résisterons à ça.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Il faut commencer à songer</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2006/10/21/il-faut-commencer-a-songer.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je me perds</category>
<pubDate>Sat, 21 Oct 2006 15:21:19 +0200</pubDate>
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&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;à un avenir concret. Il faut renoncer à certaines choses, à la solitude, par exemple. Je suis d’accord sur tout, à condition que ce soit un choix personnel. Est-ce que l’idée de construire un truc à deux vient de moi ou de l’influence &lt;i&gt;énorme&lt;/i&gt; des médias et du courant social et culturel et affectif qui s’exerce sur moi depuis, toujours en fait&amp;nbsp;?&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Est-ce que j’aime &lt;i&gt;réellement&lt;/i&gt; les pull-overs à grosses rayures horizontales&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Est-il nécessaire de se poser ce genre de question&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Arrêter de fumer sans grossir est un des grands challenges des femmes d’aujourd’hui. Il y a des émissions sur ce thème, des débats cravatés, des brochures illustrées. Je passe beaucoup de temps à poser des questions aux autres et je sens vaguement que je n’ai presque plus l’âge pour ça. J’aimerais être cet Autre à qui on demande conseil. Combler les lacunes. Illuminer le regard d’un enfant. Je répondrais d’une voix qui a beaucoup vécu, un peu grave, un peu partie; je deviendrais ce qui me trouble encore, ce personnage inaccessible et imposant qui fait rougir les petites filles au fond d’un bout de mémoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/font&gt; Je me demande dans quelle mesure &lt;i&gt;grossir&lt;/i&gt; constitue un drame potentiel. Toutes les belles femmes deviendront très vite laides et stériles. Et quand elles sautilleront sur place, quand elles seront tout excitées par tel évènement, quand elles auront des cheveux longs et des fous rires dans la rue, les gens se moqueront d’elles et les traiteront de folles, de droguées ou pire, de vieilles qui n’acceptent pas le fait d’être vieilles. C’est ça le vrai drame.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Aujourd’hui nous nous aimons et pensons à quelques enfants aux doigts pleins de feutres, mais il y aura un moment où tu me regarderas, et ce sera sûrement avec beaucoup de tendresse, peut-être de l’amour si j’ai de la chance, et à cause de ça je ne pourrais m’empêcher de ressentir de la honte. Car il n’est pas admis qu’un corps se dessèche, qu’un sourire se creuse. Et tu ne pourras jamais me promettre que tes yeux ne finiront pas tôt ou tard par se poser sur d’autres jambes, jeunes et sans varices, sur des seins ronds et pleins, sur des cheveux blonds et brillants. Mais je pourrais te crever les yeux. Il y a toujours une solution, un point de fuite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Une femme témoigne, elle a environ 40 ans, elle a perdu tous les kilos qu’elle avais pris en arrêtant de fumer. Elle est très contente, et elle porte un pull-over à grosses rayures horizontales. Demain, j’achète le même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Téléphone</title>
<link>http://lesmots.hautetfort.com/archive/2006/09/20/telephone.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com ()</author>
<category>Je me perds</category>
<pubDate>Wed, 20 Sep 2006 13:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;La solitude mitigée&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Dans les recoins de mon salon.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Et ton regard sur mes plafonds&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Qui se figure quelques silences&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;M’attend. J’écoute ton absence,&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Je réinvente mes papiers peints&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Dans l’apesanteur des matins,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Juste avant que le téléphone&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;M’appelle. Soudain les heures résonnent&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Comme une condamnation certaine,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Savoir que ce n’est pas la peine&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;De garder ta voix au creux de&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Mon corps. Nous ne sommes que deux&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Pour envahir le monde entier&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;De nos silences et de nos prés&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Et de nos mains tout emmêlées&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: 'Verdana Ref'&quot;&gt;Et de la mer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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