20 septembre 2006
Téléphone
La solitude mitigée
Dans les recoins de mon salon.
Et ton regard sur mes plafonds
Qui se figure quelques silences
M’attend. J’écoute ton absence,
Je réinvente mes papiers peints
Dans l’apesanteur des matins,
Juste avant que le téléphone
M’appelle. Soudain les heures résonnent
Comme une condamnation certaine,
Savoir que ce n’est pas la peine
De garder ta voix au creux de
Mon corps. Nous ne sommes que deux
Pour envahir le monde entier
De nos silences et de nos prés
Et de nos mains tout emmêlées
Et de la mer.
13:00 Publié dans Je me perds | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie
15 septembre 2006
Point commun
La Statue de la Liberté n'a toujours pas bougé d'un poil. près du kiosque, un homme fait des bulles de savon et je voudrais bien lui acheter un flacon, mais ce n'est pas pour les petites filles de vingt-quatre ans. Alors je donne des coups de pieds dans les bulles. Juste à côté, cinq quarantenaires bien tirées me méprisent ouvertement, puis elles s'en vont poser leurs culs enduits de crème anti-capitons sur la terrasse du Monge. A peine installées, elles commencent à entamer toute une série de poses et de mimiques spéciales en vérifiant si on les regarde bien ailleurs que dans les yeux. Je tente de les imiter, mais contrairement à elles j'ai de vrais sourcils et sur mon cul il n'y a que des bleus. Pendant ce temps, la Statue de la Liberté reste prostrée les pieds dans la flotte.
Mon Amour. Je pense à toi. Ils veulent faire une nouvelle tour, à la place des deux autres. La Liberté sera une fois de plus ancrée dans l'Histoire à l'aide d'énormes barres d'acier coulées dans des blocs de béton armé enfoncés à plusieurs dizaines de mètre sous terre. C'est merveilleux et con à la fois. Comme l'Amour. Je commande un Get 27. J'aime bien: c'est comme une menthe à l'eau mais pour les grands. Je fais des bulles avec ma paille en souriant bêtement, ce qui semble hypnotiser le fils du patron. Au bout de dix minutes, il s'approche timidement pour m'offrir une cigarette et je l'accepte en riant, parce qu'elle est en chocolat. Il repart en sautillant dans les pattes de son père, qui a la tête d'un type qui laisse des épluchures de mandarine dans le cendar de sa Volvo Break sans jamais le vider.
Dans le ciel, quelques hirondelles qui s'en vont évoquent ce poème de CE1 où six rime avec cerise; et il y a une sorte de beauté intemporelle dans ces petits mots innocents, ces mots un peu bêtes et étriqués qui sont finalement, avec le silence, le meilleur moyen d'exprimer les sentiments les plus forts, les plus purs, comme l'Amour, par exemple. Je ne te construirai pas de tour, ni de statue . Je ne créerai rien de grandiose ou d'hiératique. Les gens oublient trop souvent de parler de légèreté, on tente de rire un peu, mais rien n'est jamais tout à fait transparent. Tu es cette exception. Je t'aime. Point commun.
11:59 Publié dans Je pars | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature