16 novembre 2006

(Sur le trottoir)

     (Sur le trottoir) juste en face de chez moi, (deux hommes) en jean sont en train de monter une scène. Le premier porte un sweat marine avec des rayures blanches sur le côté et un jean et des basquets, le second aussi. Il y a du soleil et des touristes (contemplent) une façade moche, sûrement des anglais. Je suis obligée (d’écarter) les rideaux pour voir ça. Hier je parlais d’indifférence, aujourd’hui j’en ai toujours autant rien à (foutre). Les nuits continuent de (s’allonger), longues et froides comme une frange de chinoise. La Chine. Il reste bien quelques souvenirs, sensation de (chaleur) et d’étouffement, mais qui ressemblent de plus en plus à une gorgée de thé trop vite (avalée). Les types dehors retroussent leurs (manches), c’est normal, ils (bougent sans arrêt). J’ai envie de partir. (Prendre) le premier train et venir te rejoindre, faire la surprise. Comme ça. Mais il y a des obligations, un travail, des prix à (payer).

Il faudrait juste, de temps en temps, que je songe à cesser de faire la pute avec le quotidien.

15 novembre 2006

Indifférence

Il n’y a pas un jour sans que je ne pense pas à toi. Il y a des endroits où je te retrouve souvent, dans les bus, par exemple. Ces airs de rien, regards jetés habilement par-dessus l’épaule de l’autre, jamais ailleurs. Calculs permanents dans les salles d’attente, faire attention de bien simuler l’intérêt pour cet article sur les différentes techniques de pose de faux ongles (passionnant). Tu es partout.

Comme une publicité clandestine à grande échelle,

comme un sifflement dans les oreilles.

Hier encore, je t’ai perçue aux détours d’un homme, dans ses gestes, sa manière de saisir son paquet de cigarettes. Et chaque jour qui passe, je te retrouve un  peu plus, un peu plus pour chaque feuille qui tombe, pour chaque goutte de pluie glacée qui vient se lover dans ma nuque. Et cette femme qui marchait normalement, avec son manteau normal et sa coiffure normale, qui rentrait dans une boutique, tu sais ? Il fait froid et nuit et les trottoirs vont finir par ne faire rien d’autre que refléter les réverbères qui seront toujours allumés et des tas de catastrophes vont sensibiliser les téléspectateurs.

Mais tu auras, heureusement, l’audace de venir les enlacer doucement, de les bercer tendrement, comme tu le fais si souvent pour moi. Tu es si belle, transparente. Bonne nuit, mon indifférence.