21 août 2006
Canton, le 21 aout 2006.
Le metro climatise crache son lot de fatigue toutes les six minutes. Je passe un temps interminable dans le noir. Je ne parviens pas a me decaler, et quand je sors, il fait souvent nuit.
Je deambule dans des ruelles etranges, ou des passants identiques contemplent ma difference. Je photographie la misere culturelle, les marches de faux, les temples de l'Inutile. Ils ont jete hors de leurs rues leur passe si riche, si grandiose. Ils ont voulu le futile, le toc, les satisactions rapides et faciles. Ils ont eu soif de nouveaute, de decouverte. Je suis comme eux. Comme eux, je me prosterne, credule et hebetee, devant le Neant.
Je ne comprends pas ce qu'on me dit, je ne sais pas ce que je mange. Je ne sais plus lire. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance. Car je me pose des questions. Rien, ici, ne porte ton empreinte: ce monde tend a te faire disparaitre. A part, de temps en temps, une fenetre crasse qui s'ouvre sur tes mots, que je lis stupidement comme un parcours fleche. Mais le chemin est tortueux, subjectif, abscons. Le bonheur, c'est tout droit?
Sur le boulevard tout neuf, des taxis ont des accidents. j'ai peur. Je ne dors plus. Tu m'as dit: je veux vivre en t'attendant. Je comprends.
Moi aussi, je m'attend.
20:45 Publié dans Je me perds | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note