09 mai 2006

Je voudrais faire l'amour avec vous

Cher Inconnu,

vous me faites tourner la langue sept fois dans la bouche avant de vous adresser la parole. C’est assez ennuyeux, toute seule, d’autant plus que je finis par ne plus piper mot.  Donc j’écris. Quel dommage, toute cette énergie dépensée à faire travailler mon cerveau. Alors que je pourrais, je ne sais pas, faire l’amour avec vous par exemple. Mais c’est encore trop tôt, je crois, je ne connais même pas votre adresse (entre autres).
   

Quand je l’aurai découverte, je mettrai une robe courte avec du désir en dessous, des escarpins flageolants, et même pas de manteau, car nous seront en été, forcément. Je descendrai dans la rue, il sera 22h41 et du jazz sourira dans les ruelles à touristes.  Je deviendrai touriste, aussi. J’emmènerai mon appareil photo, et je redécouvrirai tout d’un œil nouveau, je ferai plein de photos ratées de notre rencontre qui approche, je cristalliserai avec flash l’attente d’un baiser sur la nuque. Les bouches d’ égout et les réverbères seront mes amis. La tête remplie de clichés, je sonnerai à votre porte, et vous ne répondrez pas tout de suite (vous vous serez cogné le genou dans la table basse en vous précipitant). Vous ouvrirez la porte en retenant votre respiration. Et je dirai, d’une manière authentique :

« Je voudrais faire l’amour avec vous. »

A très bientôt, donc.
Une femme parmi des milliards.

Commentaires

je vois que votre amour s'infiltrerait après la vie qui ternit la mort ou bien serait la vie qui ternirait la mort de l'amour..... et vice et versa.

Ecrit par : Arnouf | 09 mai 2006

Et si l'on a ni sonnette, ni table basse ? ca marche quand même ?

Ecrit par : Nicolasi | 09 mai 2006

Oui. D'ailleurs, en écrivant "sonnette", je me suis dit: pourquoi, bon sang? c'est vrai, je pourrai tt aussi bien gueuler sous sa fenêtre, et lui du coup se serait coincé la main dans un volet. Tout est possible (par contre, il faut avoir une maison, qd même.)
A bientôt.

Ecrit par : Liane | 09 mai 2006

Et un genou ou une main, eventuellement... Voir les deux pourquoi pas.

Ecrit par : Nicolasi | 09 mai 2006

Cher arnouf vous m'en faites voir de toutes les couleurs, rouges, jaunes, heu...vert,... et paraboliques.

Ecrit par : Liane | 09 mai 2006

Bienvenue dans la cumunauté des mots fillaires abandonnés dans leur fuite.
"je cristalliserai avec flash l’attente d’un baiser sur la nuque", moi je reviendrai souvent cueillir votre lumière et peut etre recevoir un baiser passager.

Bienvenue.

Ecrit par : eros | 09 mai 2006

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